— Comment se passe la vie d'un intellectuel bessarabien en France ?
— Un intellectuel bessarabien qui a vécu à la campagne et qui, en plus de son travail intellectuel, devait travailler aux champs, élever de la volaille et du bétail, et ne pouvait que rêver d'un passe-temps, réalise en arrivant en France qu'une fois sa journée de travail terminée, il peut disposer de son temps libre à sa guise. Nous allons au cinéma, au théâtre, ou nous flânons simplement dans Paris. Ou plus souvent, je reste allongée sur le canapé, un livre à la main.
— Avez-vous des liens avec la diaspora ?
Qui vous soutient dans les moments difficiles ?
— Oui, je suis en contact avec la diaspora. J'ai des amis, peu nombreux, mais je sais que je peux compter sur eux. Ma fille, Dana, est à mes côtés. C'est grâce à elle que mes manuscrits sont devenus des romans. J'avais commencé à écrire quelques pages par hasard et je les lui ai lues. Elle a aimé et ne m'a plus permis de m'arrêter. Quelques collègues d'université sont ici à Paris ; nous nous rencontrons avec grand plaisir pour discuter et évoquer nos souvenirs de Moldavie. Le fait de connaître le français m'aide énormément : je peux lire, écouter, communiquer et régler mes problèmes administratifs.
— Vous avez écrit deux romans, déjà édités en deux langues à Paris et à Iași.
Quel sera le thème du prochain et dans quelle langue sera-t-il publié ?
— Le prochain roman, « Pribegii virtuale » (Errances virtuelles), sera également édité en roumain et en français. Il est déjà chez l'éditeur et verra le jour très bientôt. Comme dans le précédent, j'ai essayé de méditer sur la nature humaine, d'analyser les relations interpersonnelles et l'impact des émotions vécues dans l'enfance sur la psychologie de la personnalité tout au long de la vie. Pour plonger au plus profond de la conscience, j'ai eu recours à l'invention faite par l'un des personnages : grâce à elle, les gens pouvaient vivre virtuellement la vie qu'ils auraient souhaitée. Il m'est difficile d'expliquer concrètement pourquoi j'ai écrit cela ainsi, je le fais de manière intuitive. Au début, c'est une idée qui couve dans mon esprit. Puis, mes héros prennent vie et je me dépêche de les retrouver le soir après le travail ; je sais qu'ils m'attendent et j'ai la sensation qu'ils me suggèrent la suite de l'histoire.
— Quand présenterez-vous vos romans aux lecteurs de la République de Moldavie ? — J'espère venir à Chisinau vers le printemps pour présenter les romans « Pribegii virtuale » et « Revelația/Căderea îngerului ».
— Je vous souhaite beaucoup de succès, de la paix, de la sérénité et de nouveaux livres exceptionnels. Étonnez-nous !
— Je vous remercie !